La présentation de la soirée du 13 mars 2014 « Images et poésie : derrière, le Monde »

« Tout lecteur, tout regardeur de l’œuvre de Nicolas Dieterlé nous fait remarquer l’extrême originalité de son œuvre.

 Cette originalité, à mon sens, repose sur l’extrême fidélité de Nicolas a un ressenti personnel qui tente de revenir par la parole à une perception des choses antérieures à la parole, comme il écrit dans le récit d’une expérience d’enfance pour moi emblématique « Le rocher » (publié dans Afrique et autres récits) : « Ma vision n’était pas encore viciée par les mornes habitudes de la raison, et je connaissais l’élan imprimé à la moindre des choses. » 

Cette recherche c’est pour Nicolas le sens de même de la poésie et c’est ce qu’il écrit dans cet aphorisme que nous avons proposé comme thème de cette manifestation « qu’est-ce que la poésie ? Une manière de contourner le monde pour voir, derrière, le Monde (Ici pépie 133) » avec un grand M.

 C’est aussi celui de l’art en général et puisque le thème du Printemps des poètes est cette année « la poésie au cœur des arts » il nous a paru nécessaire de rendre compte de cette approche non seulement avec l’œuvre picturale de Nicolas mais en demandant à des artistes et poètes de réagir sur cette thématique.

 Cette réaction, nous le verrrons, elle sera certainement très variée et très libre. Qu’est-ce en effet que le Monde avec un grand M ?

 Est-ce le monde que nous cachent les représentations lénifiantes et publicitaires dont nous sommes parfois accablés ? Le monde en positif avec le monde en négatif ? Le monde des rêves qui existent puisque nous les rêvons ? Le même Monde avec en plus ce que notre perception limitée ne voit pas ? Le monde avec notre subjectivité ?

 Finalement, en pénétrant plus qu’en regardant ou admirant ces œuvres qui nous sont  présentées, nous acceptons d’éduquer notre regard à autre chose qu’un discours fermé et donc nous rentrons nous aussi dans cet autre monde.

 Claudia Carlisky me le faisait remarquer dimanche et elle n’a pas été la seule, que cette posture peut être dangereuse et Nicolas le savait « À l’époque, écrit-il dans le Rocher, je ne me tenais pas au bord des abîmes, j’y plongeais résolument dans l’espoir – toujours confirmé – d’une élévation. »

 Dans cette audace solitaire le risque est de perdre pied, de quitter le lien qui nous rattache à chacun et à la terre mais ce que nous ne cherchons pourtant c’est à le fonder encore plus loin dans notre communion à la terre.

 C’est en tous cas ce que nous avons cherché à mettre en évidence en mettant en exergue de notre manifestation ce magnifique dessin de Nicolas qui représente comme une ronde au milieu de laquelle s’invite un soleil discret mais qui resplendit à l’intérieur.

C’est aussi pour cela, que nous avons choisi de terminer par une modeste agape, lieu de partage et d’ancrage.

Le 13 mars 2014,  Jean-Claude Morera

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