Laisser un commentaire

Vous pouvez laisser un commentaire concernant le site  sur cette page.

2 commentaires sur “Laisser un commentaire”

  1. josserand sylvain dit :

    Article publié dans le dernier numéro de la Boîte à poèmes
    Nicolas Dieterlé

    Le mois de juin 2013 a été riche en événements (salon de la poésie, soirées de lectures, exposition 72 rue Mazarine) organisés pour faire découvrir au public l’œuvre du poète et du peintre Nicolas Dieterlé. On peut visiter à ce sujet le site de La pierre et l’oiseau, association des amis de Nicolas Dieterlé http://www.pierre-et-oiseau.fr/wp/

    La poésie est un chuchotement qui approfondit le silence écrit Nicolas Dieterlé.
    Serait-il habité de ce souffle qui inspira le prophète Élie dans le silence du Mont Carmel ? Sa poésie serait-elle une poésie de la reliance avec l’Esprit ? Elle bouleverse, elle interpelle ; elle se place à des sphères que l’on atteint non sans danger.
    Qu’est-ce que la poésie ? La joie d’aller sur la corde raide tendue entre ciel et terre, entre nature et monde Un métier essentiellement funambulesque (…) Dans le pays de Joie, la pesanteur n’existe pas Tout est léger, aérien et fluide à la fois Une sorte de lac qui est en même temps un ciel Les poissons du désir y voisinent avec les cerfs-volants de l’imagination Une incroyable concorde règne, grâce à une lumière éblouissante qui lie entre eux les êtres de ce royaume, qui les embrasse avec prodigalité, dans le libre jeu, le libre déploiement de son amour infini Elle émane d’un soleil situé au centre du Pays, et dont l’éclat est d’une évidence (ou d’une vérité) poignante, ineffable

    Nicolas Diéterlé, tant en peinture qu’en poésie, dispose de ses propres codes d’écriture. Il s’affranchit de la versification classique au profit de fragments écrits sans ponctuation avec de rares virgules pour donner de la respiration au lecteur. Chaque fragment créée un univers pongien en prose poétique. On se souvient du texte « L’huitre » dans lequel Ponge synthétise tout l’univers par la simple évocation de ce mollusque.
    La poésie ne consiste pas à louer les pâquerettes comme on le croit impunément Telle un brise-glaces, elle tranche dans la banquise épaisse de la réalité prosaïque (celle que fabriquent sans cesse nos regards étroits, routiniers) pour créer une débâcle favorable à l’apparition d’une eau limpide, féérique, celle de la beauté que rien ne limite et qui embrasse tout

    Dans l’une de ses aquarelles, une ombre, dans un décor d’amas rocheux jaunes et de lande marron tachetée d’herbes blanches, est reliée par un fil à une sphère via un personnage translucide. Le fil, le personnage et la sphère — tous trois de couleur rouge — sont suspendus dans le ciel. Le poète puise-t-il dans cette boule de feu toute l’énergie de son inspiration ? Veut-il signifier que la poésie facilite le lien entre le Ciel et la Terre ? Si le travail du poète est souffrance, dans un monde indifférent et cruel, le fil de sa plume est léger.

    En découvrant la poésie et la peinture de Nicolas Dieterlé, j’ai subi le même choc que celui que j’avais eu, à Auvers-sur-Oise, en parcourant les panneaux relatant la vie de Van Gogh. Nicolas et Vincent ont fréquenté comme moi les bancs de l’École du dimanche. Ils ont connu à la fois cette illumination mais aussi cette angoisse de la présence de Dieu en Soi. Seule la création artistique leur permet de contenir cette distorsion. Combat solitaire incessant entre l’Ombre et la Lumière qui peut toutefois altérer l’équilibre psychique.

    La poésie pourrait s’affranchir des mots (et calmer nos maux) si, tels les Magdaléniens des grottes de Chauvet en Ardèche, on savait encore dessiner de manière collective des aurochs et des chevaux sur les murs de nos cavernes. Peindre avec des mots sur les murs lépreux de nos cités de la solitude… La poésie n’est ni un esthétisme ni un art d’agrément mais une confrontation entre le divin et le malin en Soi. Elle occupe une place singulière dans la création littéraire car elle ne suit ni les modes ni les coteries du moment mais questionne inlassablement les secrets et les mystères de notre place dans l’univers.

    Sylvain Josserand janvier 2014

  2. josserand sylvain dit :

    Texte pour le 13 mars 2014 sur le thème donné
    La graine germée (1)

    Il marche depuis des jours, et même la nuit
    Il ne sait plus pourquoi, il marche mais il marche
    Il en oublie le boire et le manger

    Il ne se pose plus la question de savoir s’il devrait dormir, manger, boire ou se laver

    Il suit un scintillement jaune derrière la montagne
    C’est un phare qui recule au fur et à mesure qu’il avance
    Un luminaire qu’il ne peut jamais atteindre sur la Voie qu’il s’est tracée
    S’est-il trompé de chemin ?

    N’aurait-il jamais rencontré de guides sur sa route ?
    Soit il ne les a pas vus
    Soit il les a suivis mais il n’en a pas compris le message
    Il a donc abandonné

    Cela fait trente trois ans qu’il marche
    Mais il n’a rien appris de ce long périple
    Il a simplement des ampoules aux pieds

    Un oiseau dont les plumes sont constellées d’yeux se pose près de lui
    « Observe au plus profond de toi une lumière blanche
    C’est le miroir de l’Esprit
    Si tu en perçois le scintillement, tu rayonneras dans le Monde »

    « Et si je ne vois rien, si je ne sens rien, si je ne vois pas pousser la graine semée en moi par Dieu de toute éternité ? »

    « Tu auras déjà marché en pleine conscience »

    « Et alors ? »

    « Cela aura au moins donné du sens à ta vie »
    Sylvain
    (1) Elie Wiesel : « la poésie est la partie invisible de l’histoire »

Laisser une réponse